(1)— ACADÉMIE FRANÇAISE: LETTRE DE CANDIDATURE DE AA UPINSKY AU FAUTEUIL DE MICHEL DÉON

NDLR: La lettre est adressée au président, Madame Hélène Carrère d’Encausse,
Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Paris,  ce 16 mai 2018.
Pièces jointes: rappel de cinq lettres de soutien de candidature
de : Mmes Béatrice de Beaupuis et Catherine Distinguin; MM. Claude de Vaugelas, Michel Cloutier et Philippe Walter.
Objet : Ma candidature à la succession du fauteuil de M. Michel Déon (F8)
Madame le Secrétaire perpétuel,
Depuis l’élection du Χάος (1) dans le Saint des Saints du λόγος (2) français, ce jour funeste du 3 mai 2018 valant déchéance de fait de l’Académie française – quel paradoxe ! – ce n’est plus le candidat à l’Institution de Richelieu qui se trouve à l’épreuve de votre jugement, mais bien le Secrétaire perpétuel que vous êtes, lui-même, qui se voit mis à l’épreuve du candidat que je suis, comme seul fidèle aux statuts souverains et à la mission de salut public confiée à l’Académie française !
« Acta est fabula (3) ! » C’est pourtant sur cette vision théâtrale des dernières paroles de l’Empereur Auguste, clôturant son règne avant de mourir, que j’avais voulu conclure notre rencontre du 1er février 2018. Mon dessein était de préfigurer la solennité que je souhaitais vous voir donner au dernier acte de votre gouvernement, pour laisser à la postérité cette vision glorieuse de votre fin de règne à laquelle je vous exhortais : celle de l’engagement indéfectible d’une Académie française ressuscitée se lançant résolument « à la Reconquête de la langue française », pour respecter ses statuts de Richelieu et remplir enfin sa mission de défendre la langue française vouée « À l’immortalité » !
Mais l’accélération de l’histoire dictant sa loi, dès le 30 mars 2018, j’ai dû vous signifier sans ambiguïté la date d’ouverture de ce dernier acte s’invitant à votre destin académique, le 3 mai 2018, par l’élection à la succession du fauteuil de Philippe Beaussant, en ces termes : « De fait, en raison de l’agenda du 20 mars 2018 annoncé par le Président Macron comme inéluctable, l’élection du 3 mai 2018 sera la révélation mathématique du choix de l’Académie : entre la collaboration à sa propre mort et sa décision de Résurrection. »
Or, ce jour-là, contre toute attente, entre la Gloire d’une « Résurrection » et la Honte d’une « Collaboration à sa propre mort », vous avez engagé l’Académie française du côté des ennemis du λόγος et de l’Immortalité de notre langue, par l’envoi au monde entier du « signal fort » de l’élection de Mme Barbara Cassin, la bien nommée : l’antithèse même de Philippe Beaussant, l’ennemie jurée de l’immortel λόγος de l’universel, et par là même de la langue française et de la langue grecque. Comme l’atteste son exposé – « Les mots de la radicalisation ; barbare par Barbara Cassin » – livrant son perfide « credo » de haine et d’exclusion du caractère propre d’ « universalité » inhérent à la langue française, hérité du Miracle grec et stigmatisé par elle comme « mot de radicalisation » : devant être condamné à jamais pour crime de discrimination et d’exclusion « de l’autre », en incitant à le barbariser.
1- Chaos
2- Logos
3 -« La pièce est jouée », dernières paroles de l’Empereur romain Auguste, concluant son règne avant de mourir.
« Credo » de fanatisme et d’obscurantisme, inversant les rôles, que Barbara Cassin a osé fulminer en ces termes : « Barbare, c’est une onomatopée, comme babil, comme Babel, comme berbère. Tous ces mots-là disent que l’autre, on ne le comprend pas. C’est un passage à l’universel qui exclut et, à mon sens, il faut comprendre que le grand risque (sic) de l’universel c’est l’exclusion ! C’est-à-dire l’appropriation de l’universel pour soi. Et c’est exactement ce qui se passe dans le grec ancien. L’opposition passe entre « logos » et « barbaros », barbare. « Logos », c’est indissolublement le langage, la langue, la langue qu’on parle. C’est-à-dire le grec et puis aussi la pensée, la démonstration, la thèse, la phrase, tout ce qui met en rapport a/b égale c/d. Une proportion, voilà le logos. Sauf que le « logos » lui-même est un universel qui dit le rapport, mais qui dit l’exclusion de ceux qui ne sont pas intégrés dans ce rapport. Le risque (sic) qui en découle, le risque grave au quotidien, c’est que ceux qui ne sont pas dedans sont dehors. Pour les Grecs être un homme, c’est parler grec (…) C’est autour de ça que toute radicalisation se cristallise (sic). (…) Quand quelqu’un dit « l’universel je l’ai », « c’est moi l’universel », c’est la philosophie, c’est le logos. Oui et alors ? Derrière, à côté, vous avez quoi, vous avez une assignation d’essence, de l’autre comme barbare. Ça, c’est dramatique (4). »
Madame le Secrétaire perpétuel, après le signal de mise à mort du Président Macron lancé au sein même de l’Académie, le 20 mars 2018, voici l’inoculation de son poison mortel de dissolution du λόγος par cet anathème barbare jeté contre l’ « universel » ! Avec lui, c’est le plan de « déconstruction » perfide du λόγος, de ses valeurs immortelles, que votre vote du 3 mai 2018 vient d’accueillir à bras ouverts à l’Académie, en pleine guerre de destruction de la langue française et de ses instruments d’apprentissage. Mme Barbara Cassin est disciple de ce Lacan dont Noam Chomsky a tout dit dans son verdict sans appel : « Lacan était un charlatan conscient de ce qu’il était ». Dans une de ses conférences, faite à Bruxelles le 26 février 1975, Jacques Lacan n’a-t-il pas d’ailleurs lui-même confessé : « Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est intenable, notre profession, c’est bien d’ailleurs pour ça que j’en suis malade, parce que j’ai un surmoi comme tout le monde. »
Madame le Secrétaire perpétuel, vous qui vous prévalez de présider au magistère intellectuel de l’Académie, comment pourriez-vous ne pas voir d’ailleurs, immédiatement, à la lecture de ce texte, le noeud le plus saillant de l’escroquerie sophistique de Barbara Cassin, consistant à prétendre perfidement que « L’opposition passe entre « logos » et « barbaros » », alors que l’antonyme de « logos » (logique) n’est pas « barbaros » mais « chaos » (illogique) ! En jetant l’anathème sur « Le passage à universel » dont elle prétend malicieusement qu’il « exclut », alors qu’« il inclut » les valeurs suprêmes de notre langue et de notre Civilisation – « le Beau, le Vrai et le Bien » –, Barbara Cassin oeuvre à livrer notre jeunesse au chaos intellectuel, à la folie et par surcroît à l’esclavage intellectuel ! Car, dire que le Beau exclut le Laid, que le Vrai exclut le Faux et que le Bien exclut le Mal, ce qui est le propre du « passage à l’universel », c’est faire oeuvre de Science ! C’est viser à réunir l’Esprit Humain et l’Humanité sur les seules valeurs transcendant toutes les autres, les seules capables de sortir les diversités centrifuges et les individualismes égocentriques du chaos général.
Au nom de sa phobie du « tiers exclus » et de sa haine de la verticalité inclusive – « Tout ce qui monte converge » –, c’est l’idéal même de la quête de la Vérité, fondement du λόγος et de notre Civilisation, que Barbara Cassin veut exclure, mettre à mort et effacer de la mémoire de l’Humanité ! Or, cet idéal qu’elle veut voir jeter au bûcher de sa haine, c’est l’idéal même d’Universalité de notre Civilisation, héritée des Grecs, de notre langue et, en l’espèce, par-dessus tout, de l’Académie française, vouée « À l’immortalité » ! Et c’est donc cet idéal lumineux d’Universalité, de Vérité et d’Harmonie du Logos – ennemi de l’insignifiance, du mensonge et du chaos – que vous avez trahi en élisant Barbara Cassin au fauteuil de Philippe Beaussant, en violation flagrante des statuts, de la vocation et de la mission de l’Académie française : de sa raison d’être ! C’est ce qui de jure rend même, nul ne saurait en douter, l’élection de Barbara Cassin, illégale, nulle et non avenue ! Madame le Secrétaire perpétuel, il vous reste donc maintenant à vous rendre à l’évidence ! Il vous faut tirer les conséquence du fait qu’une telle « élection » est en totale contradiction, non seulement…
4- UNESCO, 7 mars 2017, https://www.youtube.com/watch?v=qX7LfjxTFnw  5- et citée dans le n° 880 de septembre 1981, du Nouvel Observateur p. 88, sous le titre « La leçon de Lacan »
…avec ses statuts, mais avec la finalité substantielle même de l’Académie française vouée non pas à la destruction de la langue française, mais à sa défense et même à la mission de « la rendre pure » – horresco referens ! – au titre de son article XXIV. Une fois ce scandale inouï révélé, il ne vous reste plus qu’à prendre conscience de l’enjeu de cette révélation : si, par malheur, vous persévériez dans votre « déni » de réalité et de mission académique, ce sinistre 3 mai 2018 vaudrait aux yeux du monde entier déchéance de votre mandat et par là même de la deuxième Académie : pour haute trahison de ses statuts et de sa mission de défense de la langue française – langue de l’Universalité par excellence – faisant sa raison d’être et donnant le critère à l’aune de laquelle la postérité vous jugera !
Pour juger de votre action de Secrétaire perpétuel, à la tête de l’Académie française en « péril mortel », les Français avaient besoin des moyens de répondre aux questions qu’ils ne cessent de se poser pour comprendre la raison de la course à l’abîme ininterrompue du français ! Comment expliquer que, depuis ce 6 avril 2000, qui vous a vu dénoncer la destruction de la langue française, vous n’ayez pris aucune mesure proportionnée pour y remédier ? Comment expliquer la réponse surréaliste faite par la Commission du Dictionnaire à la saisine du Sénat sur le mot « mariage » ?
Comment expliquer que vous n’ayez rien fait pour vous opposer à la dérive orwellienne du français ? Que vous n’ayez pas harangué le Président Hollande n’ayant pas daigné répondre à votre appel du 5 décembre 2013, à la Reconquête de la langue française ? Que vous n’ayez pas répondu aux six demandes de rencontre émanant de M. Philippe Beaussant, pas même pour la rédaction d’un livre destiné à exposer les raisons de défendre la langue française et pour vous donner ses dernières volontés ? Que vous n’ayez jamais répondu à mes offres de forger les armes de la Reconquête ? Que vous n’ayez jamais voulu d’un débat sur la langue française, au point de ne jamais dénoncer, cette censure, alors-même que vous vous insurgiez contre l’absence de tout débat sur notre langue aux Présidentielles 2017 ? Comment expliquer votre silence sur le discours de Ouagadougou constituant un plan de mise à mort de la langue française et, a contrario, votre silence sur ma lettre ouverte au Président Macron lui demandant de faire du français la langue commune de l’Europe ? Votre absence d’intérêt pour la révélation du secret de la langue révolutionnaire d’inversion par l’académicien La Harpe ? Comment expliquer que vous n’ayez rien dit pour protester contre la « stratégie en faveur de la langue française et du plurilinguisme » du Président Macron, conduisant à la déchéance de l’Académie française et de la langue française comme langue commune de la francophonie ? Que depuis votre prise de fonction de Secrétaire perpétuel, l’Académie soit colonisée par un nombre croissant d’ennemis de la langue française et non de combattants brûlant de forger les armes de sa reconquête pour répondre aux voeux de Maurice Schumann ? Que ce 3 mai vous ayez fait le choix de me donner « zéro voix » à la succession du fauteuil de Philippe Beaussant, alors que j’avais 12 % des voix avant sa mort et que je reste le seul candidat à la Reconquête du français. Que, par surcroît, vous en ayez eu tellement honte, de ce « zéro voix » glorieux que je revendique, que vous ayez refusé d’en publier le résultat éloquent contrairement à votre devoir de respecter la règle académique ?
Mais désormais, les Français peuvent juger votre bilan à la lumière de la haute trahison de l’élection paroxystique du 3 mai 2018, ayant produit exactement l’inverse du résultat exigé par vos statuts. En révélant votre collaboration active avec les ennemis de la langue française, cette funeste élection fait que plus aucun doute n’est possible ! Les Français peuvent enfin comprendre la véritable raison de vos silences, de votre absence de combattivité, de votre refus de toute offre de service pour sauver la langue française, de votre non-réponse stupéfiante à votre propre appel à la Reconquête de la langue française !
Madame le Secrétaire perpétuel, à l’évidence, vous avez tout reçu de la France et vous n’avez rien fait pour sauver la langue française, rien donné en retour. A lire votre biographie et votre bibliographie, il apparaît soudain, d’une manière lumineuse, que l’essentiel de vos pensées, de vos activités et de votre amour, va à la seule langue russe, à ce « joli russe » « d’ancien régime (6) » dont le parler est « le plus grand éloge » pour vous ; et aucunement à la langue française que vous vivez manifestement comme une lange marâtre, incapable de traduire l’âme propre de vos sentiments intimes, à l’image d’Assia Djebar dont vous avez suscité l’élection. En 2012, en Secrétaire perpétuel de l’Académie française que vous étiez depuis 1999, vous avez même osé proclamer sans vergogne : « Je place Gogol, Dostoïevski et Pouchkine au-dessus de tout (7 ! )» Imaginez le Directeur de Michelin déclarer qu’il ne place rien au-dessus des pneus « Goodyear », il serait licencié ! Votre investissement étant tout du côté russe, le français n’étant qu’un faire-valoir, votre bilan, en cette période de guerre faite à la langue française, se solde donc tout naturellement par un « abandon de poste » pur et simple, valant littéralement condamnation de haute trahison, et pire encore « pour faits de collaboration » active, comme en témoigne l’élection du 3 mai 2018 !
6- Un roman russe, Emmanuel Carrère, P.O.L. éditeur, 2007, p. 148.
7- Dans « Les États d’art d’Hélène Carrère d’Encausse », Point de vue, 25 au 31 janvier 2012.
Madame le Secrétaire perpétuel, laisser mourir ce qu’on aime sans intervenir étant impensable, un tel abandon de poste, aussi barbare, au chevet d’un mourant, ne peut s’expliquer que par une sorte de haine de la langue française. Une telle monstruosité d’ingratitude, de déni de devoir, de la part d’une personne ayant bénéficié de tous les honneurs, de la part d’un pays d’accueil l’ayant portée au pinacle semblerait inexplicable, voire incroyable, sans la grille de lecture psychologique providentielle que votre fils a livrée aux Français dans son livre « Un roman russe ». Madame le Secrétaire perpétuel, c’est ici que la petite histoire rejoint la grande. En l’espèce celle de l’assassinat de votre père, Georges Zourabichvili, pour « faits de collaboration » présumés, s’appliquant « mot à mot » à l’assassinat de la langue française, par l’effet de collaboration dont témoigne votre « déni » de défense de la langue française et de réponse à l’appel à la Reconquête lancé par Maurice Schumann le 30 janvier 1975. « Le problème, dit votre fils de cette mort – celle de votre père préfigurant celle de la langue française – est que ce n’est pas mon secret, mais celui de ma mère -8 ».
« Adulte, la petite fille pauvre au nom imprononçable est devenue sous celui de son mari – Hélène Carrère d’Encausse – une universitaire puis un auteur de best-sellers sur la Russie communiste, postcommuniste et impériale. Elle a été élue à l’Académie française, elle en est aujourd’hui le Secrétaire perpétuel. Cette intégration exceptionnelle à une société où son père a vécu et disparu en paria s’est construite sur le silence et, sinon, le mensonge, le déni. »
« Ce silence, ce déni sont littéralement vitaux pour elle. Les rompre, c’est la tuer, du moins en est-elle persuadée, et je me suis persuadé de mon côté qu’il est, pour elle et moi, indispensable de le faire. Avant sa mort à elle, et avant d’avoir, moi, atteint l’âge du disparu – faute de quoi je redoute qu’il me faille comme lui disparaître (9). » (…) « Ce que m’a transmis ma mère, c’est ce que je ne sais pas, ce qui fait honte et peur et qui me pétrifie quand je croise son regard (10). » (…) « Dans la société française, il [mon grand père] n’est personne. Personne. Littéralement, il n’existe pas (11.) » (…) « Elle pleure alors (…) Et quand elle pense à lui, elle pense : le pauvre petit… Plus les années passent, me dit-elle, plus je lui ressemble. C’est vrai. Mon visage s’est creusé comme le sien. Et j’ai peur que mon chemin ressemble au sien (12). » (…) Au contraire de tous ses employeurs français, les Allemands lui montraient de la considération (13). (…) Rentré le soir même à Bordeaux (…). Des hommes armés de mitraillettes l’attendaient (…). Ils l’ont arrêté, l’ont fait monté avec eux dans leur traction avant et, à partir de ce moment, dans l’après-midi du 10 septembre 1944, on ne l’a plus revu (14). »
« C’est de cela que je voulais te parler dans cette lettre, de notre souffrance, conclut votre fils. (…). Ce que je crois, c’est que tu as dû affronter très tôt une souffrance épouvantable et que cette souffrance, ce n’est pas seulement la disparition tragique de ton père, mais tout ce qu’il était : son tourment, sa noirceur, son horreur de la vie dont il t’a fait la confidente. L’homme que tu aimais le plus au monde se voyait comme une chose irrémédiablement pourrie – ce qui m’arrive à moi de penser pour mon compte. Tu as dû porter cela. Et tu as fais, très tôt aussi, le choix de nier la souffrance. Pas seulement de la cacher (…) : non, de la nier. De décider qu’elle ne devait pas exister. C’était un choix héroïque. De la petite fille pauvre et radieuse dont j’aime tant regarder les photos jusqu’à l’apothéose sociale de ces dernières années, tu as suivi ta route sans jamais en dévier, avec une détermination et un courage qui me laissent pantois, mais sur cette route, forcément tu as fait beaucoup de dégâts (15). »
8- Un roman russe, Emmanuel Carrère, P.O.L. éditeur, 2007, p. 70
9 Idem, p. 70 et 71
10 Idem, p. 86
11 Idem, p. 105
12 Idem, p. 131
13 Idem, p. 134
14 Idem, p. 138
15 Idem, p. 197
Madame le Secrétaire perpétuel, sans en connaître la cause, la raison, la finalité, c’est ce secret, ce déni, ce silence, que je n’ai cessé de chercher, depuis six ans, à vous faire rompre pour faire sauter le verrou paralysant toute défense de la langue française et interdisant de forger les armes de la Reconquête qui s’imposent à sa survie. L’existence de ce ténébreux secret que vous avez évoqué furtivement, dans votre appel solennel du 5 décembre 2013 au Président protecteur de l’Académie – « À la reconquête de la langue française » –, je n’avais cessé de vous le rappeler depuis ma première lettre de candidature du 20 mai 2014 : « plus encore que cette réduction du savoir et des exigences dans l’enseignement du français, y révéliez-vous, c’est la menace de projets en cours d’élaboration qui affole tous ceux qui ont foi en notre langue. L’idée chemine, dans le plus grand secret, de partager l’enseignement de notre langue en deux parties, l’une, obligatoire, serait consacrée à la langue française, considérée comme langue de communication, et l’autre, couvrant tout l’enseignement littéraire, ne serait que facultative. Le français réduit à n’être plus qu’un simple outil de communication, on veut espérer qu’il s’agit d’un mauvais rêve ou d’une plaisanterie, mais dans ce domaine, hélas, le pire est parfois le plus sûr (sic). » Mais à mes appels incessants à rompre l’existence de ce secret pour le mettre au grand jour, vous n’avez cessé d’opposer le silence, le déni, la non-réponse, en faisant précisément le choix de le « nier » pour tracer votre chemin « vers l’apothéose sociale » : au prix fort des souffrances et des désastres, du massacre de la langue française et de la jeunesse, du naufrage de l’Intelligence et de la ruine de la France !
Madame le Secrétaire perpétuel, au lieu de tirer les conclusions de vos observations et en particulier « du plus grand secret » de mise à mort de la langue française, au lieu de venir à son secours, au lieu de parler, vous avez préféré vous taire, dans une forme de vengeance de votre père particulièrement subtile d’intelligence avec les ennemis de notre langue. Voilà l’étrangeté du chemin psychologique qui vous a conduit à la trahison du pays d’accueil, vous ayant fait accéder à l’apothéose, par d’authentiques « faits de collaboration » résultant de votre non-assistance à une langue en « péril mortel », que vous aviez le devoir de défendre. Faits de collaboration commis par esprit d’ambition et de vengeance d’un père qui a « très probablement été exécuté pour faits de collaboration (16) », dit votre fils – pour ma part je pense qu’il ne les a manifestement pas commis – par des assassins qui n’étaient d’ailleurs peut-être pas même français, et quoi qu’il en soit indignes de l’être !
Madame le Secrétaire perpétuel, permettez-moi de conclure en vous rappelant que bien des familles françaises, ou non, ont dû subir de tels drames. Mais, selon l’expression de votre fils, la singularité de votre drame réside dans l’imbroglio de votre double « déni », associant la mort de votre père à celle de l’Académie et de la langue française en cours d’écriture. « C’est, dit-il, le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. » Permettez-moi de conclure qu’il n’est pas trop tard pour exorciser ce double fantôme, en réponse à la lettre de votre fils Emmanuel. Il suffit de rectifier le chemin hasardeux que vous avez suivi, pour remettre l’Académie sur la voie de l’honneur et de la rectitude de ses statuts, à la Reconquête de la langue française. Cette voie me semble même l’unique moyen d’une double « Résurrection » permettant de laver l’honneur de votre père avec le vôtre : au service de votre pays d’accueil et de l’Institution prestigieuse qui vous a portée au pinacle. Permettez-moi de conclure enfin que la succession de Michel Déon, dont les idées furent si proches de celles de votre père et non moins académiquement honorables, apparaît comme l’occasion toute indiquée, à l’invitation de votre fils, pour exorciser « par en haut » ces deux fantômes si funestes à votre famille comme à l’avenir de la langue française, et à l’image de premier Secrétaire perpétuel féminin de l’Académie française que vous devez laisser à la postérité.
Car si ce n’est par vous, Madame le Secrétaire perpétuel, il faudra bien que, d’une manière ou d’une autre, pour sauver « du déni d’Académie » leur langue en « péril mortel » selon vos propres mots, les Français se réapproprient leur Académie française dévoyée ; pour forger les armes d’une vraie Reconquête, telle que l’expriment les lettres ci-jointes qui vous ont été adressées dans l’espoir de voir l’Institution de Richelieu accueillir à nouveau en son sein d’authentiques amoureux de la langue française : tels Philippe Beaussant, Michel Déon et de tant d’autres de ces Immortels qui viennent de disparaître sans être remplacés, sinon par leurs antithèses !
16 -Présentation du livre « Un roman russe » sur Babbéio.
Tel est devant l’Histoire de l’Académie française, dont les lettres de candidature font partie substantielle, le témoignage de Vérité et de Salut public que je devais vous adresser à la poursuite inlassable de la mission de Reconquête de la langue française – et par surcroît du « logos » désormais aux risques du « chaos » de Barbara Cassin – que m’a confiée Philippe Beaussant. Dans le glorieux espoir de vous voir répondre enfin, dès ce 21 juin prochain, au testament académique de Philippe Beaussant, veuillez donc, je vous prie, informer l’illustre Compagnie que je me présente à ses suffrages comme candidat au fauteuil de M. Michel Déon, et agréer, Madame le Secrétaire perpétuel, l’hommage de ma très haute considération.
Arnaud-Aaron Upinsky, PRÉSIDENT, Union Nationale des Écrivains de France.

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